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L’église Saint Loup

Domloup…..

Le titre de Dom (« seigneur »), qui qualifie les saints au premier millénaire, a servi à bien d’autres localités anciennes (Dompierre…). Quant au nom, assez viril, de loup, il désigne le souvent Saint Loup de Troyes, évêque du Vème s qui aurait défendu la loi chrétienne en Grande-Bretagne avec Saint Germain d’Auxerre et aurait préservé Troyes des fureurs d’Attila. Pourtant ce saint très populaire est fêté en juillet,  alors que Domloup avait sa fête paroissiale en octobre. Cela correspondrait mieux à Saint Loup d’Angers, qui à la fin du VIIème s rebâtit la prestigieuse église Saint Martin et donna son nom à son cimetière. Notre église n’a-t-elle pas été construite elle aussi sur un cimetière, non loin de la voie gallo-romaine d’Angers à Rennes ?

 

Un site antique

L’implantation de l’église au flanc d’un coteau tombant sur le Rimon (ruisseau qui sert  de limite avec Noyal) est peu naturelle pour une église paroissiale. Elle semble en effet avoir été précédée par un cimetière mérovingien. On nota au XIXème s la présence de sarcophages de calvaire coquillé typiques de cette période et sur la porte sud de la nef  se repèrent quelques pierres venant de ces tombeaux. Dans ce cimetière s’éleva aussi l’antique chapelle. Saint –Jean-Baptiste, démolie au XVIIIème. s. La paroisse de Domloup, fut probablement détachée de la paroisse mère de Noyal. Elle n’est revendiquée par aucune abbaye et semble plutôt avoir toujours fait partie des possessions épiscopales.

 

Une église de presque mille ans

Le plan en croix latine avec tour en façade et ses sacristies flanquant le chœur, traditionnel au XIXème. s, est ici le résultat d’une longue évolution.

  • Une grande partie de la nef, avec ses quatre meurtrières haut placées et son absence de contreforts est du XIème s.
  • Le chœur et la chapelle sud venaient d’être reconstruites en 1509, quand l’évêque Yves Moyeu accorda à François Yvette, seigneur du Boishamon, le droit d’y poser ses armes.
  • Une chapelle au nord de la nef, dédiée à Saint Gilles était en ruine en 1650 quand les paroissiens bâtirent plus à l’est la  chapelle de la vierge (inaugurée en 1652).
  • Au début du XVIIIème s. un grand retable  de bois ferma le chœur.
  • A la fin du  XVIIIème s. le clocher fut déplacé du haut en bas de nef contre la façade. La chapelle sud, qui s’ouvrait sur le chœur par  deux arcades, fut harmonisée avec celle du nord pour former un transept régulier.
  • La façade fut abattue vers 1936 par Pierre Marchand de Châteaugiron qui reprit la tour.
  • Vers 1845, la maîtresse-vitre fut rouverte.
  • Vers 1880, Auguste Marchand prolongea le chœur de 5m, avec une nouvelle baie axiale et deux sacristies.
  • Les travaux besogneux de ce temps (lourde tribune, ciment au sol, voûtes plâtrées) furent suivis en 1966 d’une restauration sévère où le ciment masqua les murs à l’extérieur comme à l’intérieur, si bien que les restaurations terminées en 2000 (extérieur) et 2008 (intérieur) ont apporté quantité de révélations, faisant de cette église banalisée une des plus attachantes d’Ille-et-Vilaine.

 

INTERIEUR

La tour et la nef

Si la première porte de la tour est du XIXème s. la seconde est du XVIIIème. Son cintre introduit bien la nef romane, la seule en Ille-et-Vilaine à offrir ainsi une entrée à quatre baies.

Il a fallu pour cela restituer la moitié de la deuxième baie au sud, détruite vers 1860 par une fenêtre banale pour donner du jour sous une tribune.

Les deux baies suivantes sont du XVIII7ME s. quand on refit ces portions de murs qui portaient le clocher. Celle de gauche conserve l’image de Saint Loup (Denis de Nantes, 1880), auparavant au fond du chœur. Celle de droite (une croix cerclée rayonnante) rappelle la restauration des années 1960.

 

Deux portes ont été dégagées. Celle de gauche, ouvrant vers l’extérieur, devait appartenir à la chapelle privée de Saint Gilles, disparue. Celle de droite est d’origine romane. La porte à l’étage de la tour était une fenêtre pour les sonneurs, adaptée pour centrer dans la tribune de 1860.

Les bancs du XIXème s. ont été peints de la couleur du lambris de la voûte. Celui-ci a été refait à l’imitation de l’ancien, sauf à l’endroit où avait été le clocher. Le pavement de tomettes a conservé quelques traces du précédent.

Les fonts de marbre sont du XIXème s. comme le grand christ de 1827, dressé d’abord dans le cimetière.

 

Le transept

Presque symétriques aujourd’hui, les chapelles ont une histoire différente. Celle de gauche est la chapelle de la Vierge(1651).Celle de droite fut la chapelle seigneuriale du Boishamon, construite au début XVIème s. mais remaniée à la fin du XVIIIème s. à l’imitation de sa voisine. Ces travaux s’accompagnèrent d’une réfection de la charpente et du lambris, avec un décor nocturne et au centre le triangle divin.

 

La chapelle nord

Le charmant  retable Louis XIV (un peu remanié) fut longtemps dans la chapelle en face. La mise en valeur des peintures murales lui a permis de retrouver sa place d’origine. La peinture en faux-bois est un reliquat du début XXème quand toutes les boiseries furent traitées de cette façon. Le tableau de l’Assomption fut refait sur la demande Mgr Bareau de Girac, lors de sa visite de 1774. Son thème ascendant est renforcé par la forme de l’encadrement.

Face à lui le tableau naïf du cœur de Marie fut fait vers 1845 quand le grand retable du cœur du début du XVIIIème s. fut partiellement introduit dans cette chapelle. Parmi les autres évocations de la Vierge Marie, la dernière, venue de Pontmain en 1950, s’accorde bien à la voûte étoilée.

L’orgue (1975), de lignes et de sonorités très pures, fut l’orgue privé du facteur Hervé de Bonnault, qui le transféra ici en 1980.

 

La chapelle sud

Les peintures murales ont été découvertes en 2006. Les armes des Yvette dans la partie  haute sont encore aujourd’hui le blason de la cité. Au-dessus de l’autel (très enfoncé dans le sol) se reconnaît un triptyque centré sur « n : dame : de miséricorde » présentant l’enfant qui bénit et porte l’univers. A gauche «  S : marguerite » a jaillit d’un maigre dragon rouge et nous montre l’exemple de la prière. A droite «  Magdeleine » a l’attitude d’un mage avec son flacon de parfum. Ce triptyque s’élargissait de deux saints en pied sous des frontons, très fragmentaires. On pense à Saint Fiacre et Saint Michel, à qui cette chapelle était selon un rapport de 1680. Ces peintures modestes du XVIème s. gardent force d’évocation.

La statue de Sainte Anne (moulage du XVIème s.) et un bon berger  du XXème s. (assorti au vitrail du Sacré-Cœur  de 1908) se souviennent que cette chapelle leur fut un temps dédiée. Saint Isidore (patron de Madrid et  des laboureurs) rappelle  le passé rural de Domloup.

En face, l’élégant confessionnal est du menuisier Aimé Métivier de Châteaugiron vers 1775, qui s’inspira  de ceux  de la chapelle des Carmes à Rennes.

A côté, le tableau de Jourjon, peintre rennais estimé, est l’adaptation d’une œuvre de Carle Van, peintre du roi Louis XV. Il fut offert vers 1850 pour recouvrir le trop pauvre tableau du Cœur de Marie.

 

A découvrir en particulier

L’entrée du chœur est marquée par des statues de Saint Loup et Saint Pierre (1818), qui rappellent le grand retable disparu et à droite par une fenêtre en pierre d’Amanlis (début XVIème s.), avec un joli lavabo dont le niveau surprend. Mais le dernier mot appartient au XXIème s.

Le chœur n’avait en effet d’important qu’un autel de marbre Louis XVI, biface, venu de la chapelle disparue du château du Boishamon, et la verrière trop claire de Denis de Nantes (1880). La verrière a été réintégrée dans une fenêtre de la nef (où se trouvait un vitrail de 1960 identique à celui qui subsiste) et l’autel de marbre a été repoussé au fond du chœur pour servir d’appui au tabernacle. Dès lors l’artiste parisien Pierre Lecacheux a pu créer un nouveau mobilier et « la maîtresse-vitre du XXIème s. ».

La maitresse-vitre, volontairement figurative, a été réalisée en 2007 par P.Lecacheux dans l’atelier Loir de Chartres le thème roman du Christ  « pantocrator »s’est  enrichi de scènes dans la tradition  des maîtresses-vitres du XVIème s. Nativité familière. Crucifixion douloureuse. Esprit portant l’eucharistie.

L’autel consacré le 3 février 2008 pour Mgr d’Ornella s’inspire des formes de l’autel de marbre. Il est également biface, rendant hommage à l’arbre de vie et de l’eau poissonneuse (clin d’œil  au Rimon et aux beaux arbres qui entourent l’église). Une frise colorée relie les autres éléments du mobilier, aux lignes sobres.

Le tabernacle, d’une conception très originale, affirme sa présence radieuse et renvoie aux mystères exprimés dans la verrière. C’est la dernière œuvre de l’ensemble (janvier 2008).

 

 

A l’extérieur

Au cœur du centre ancien, l’église et le cimetière sont encadrés par la mairie (XIXème s.) et un presbytère de 1758 réaffecté en centre culturel. Le tour extérieur, jalonné de beaux arbres, fait découvrir les facettes contrastées de l’église, et mesurer la pente vers le Rimon.

Le portail aux grandes piles de pierre (1 (1876) est le passage quasi obligé vers l’enclos du cimetière. De là nous sommes juste devant l’église. La façade est percée d’une tour de type classique, comparable à celle de Nouvoitou sa voisine (XVIIe s.), mais plus jeune. Projetée en 1827, elle fut construite par P. Marchand de Châteaugiron après 1836 à cause des misères du temps. Son effet d’élancement est dû au fait qu’elle masque une tour étroite du XVIIIe s. sur laquelle elle s’appuie. Par ses matériaux et sa verticalité elle tranche sur le reste de l’église que l’on devine trapue et plus ancienne, et dont les murs ont été traités « à pierres vues » lors de la restauration de 2000. On remarque surtout les toits « en croupe » du transept et deux portes d’allure médiévale. Cette perspective monumentale et symétrique reste bienveillante et donne envie d’entrée.

Tout autre est le côté sud qui s’étire en traversant les siècles. La portion romane de la nef offre ici l’équilibre très pur de deux baies en meurtrières encadrant une porte cintrée. On devine à peine que la seconde baie et la porte ont été récemment en partie restituées. Parmi les claveaux de « grison » brun se remarquent quelques pierres de calcaire coquillier, débitées dans les tombes du cimetière mérovingien. Les décrochements du toit et du mur en haut de nef rendent palpable le souvenir d’un clocher. Plus loin la chapelle du Boishamon révèle son côté hybride : XVIIIe s. pour les lignes générales, XVIe s. pour les ouvertures.

Sous un cerisier, une auge de pierre offre un siège idéal face au chevet. Toute cette partie orientale fut élevée entre 1878 et 1880 par Auguste Marchand de Châteaugiron. On allongea alors le chœur de 5m, jusqu’au mur du jardin du presbytère, et on le flanqua de deux vastes sacristies (la précédente, au nord, était petite et humide). Quoique la mode néo-gothique fût alors très affirmée, on n’a guère cherché ici, par économie, à se distinguer du reste de l’église. Le seul ornement est cette fenêtre axiale haut perchée, qui remplaça celle du XVIe s.

La face nord diffère peu de celle du sud. Toutefois la chapelle de la Vierge est plus homogène que celle du Boishamon. Sa construction en 1651 est très documentée. Le frère jésuite Goit qui achevait l’église du collège de Rennes donna des conseils. On a même la liste des donateurs, véritable recensement des foyers de Domloup au milieu du XVIIe s. Nous savons aussi que plus à l’ouest il y avait alors une chapelle seigneuriale en ruine dédiée à saint Gilles, totalement disparue. Le tour s’achève en renouant avec la portion romane, dont les trous de boulin, qui servaient à échafauder, sont d’un niveau différent que dans la portion du XVIIIe s.

Le cerisier a inspiré l’Arbre de vie de l’autel (2007).

l'entrée de l'église

 

 

 

 

 

 

L’entrée de l’église – crédit Michel Gauthier

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Collection famille Troufflard

collection Troufflard - vue église

 

 

 

 

 

 

 

Collection famille Troufflard

Collection Troufflard - vue sur Eglise

 

 

 

 

 

 

 

 

Collection famille Troufflard

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Panneau église

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