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La Vallée du Rimon

La vallée du Rimon

 

La vallée du Rimon, d’une surface de 4000 m², qui était autrefois un ancien marais puis une carrière, est considérée depuis la fin de la seconde guerre mondiale comme un espace naturel. Nous retrouvons la rivière du Rimon qui traverse le site naturel,  ainsi qu’un sentier de randonnée qui le contourne. Cet espace vert possède très peu d’espèces diverses, mais principalement des amphibiens.

Depuis les années 2000, la vallée du Rimon est gérée par la Communauté de Communes qui a adopté un plan d’action sur dix ans en 2011 dans l’objectif de développer l’éco-pastoralisme. L’éco-pâturage est une solution alternative de gestion écologique des milieux par des herbivores. Le but principal n’est pas la rentabilité économique mais le maintien ou la restauration du milieu tout en limitant les coûts de gestion. Les avantages de ce mode d’entretien des espaces verts sont multiples :

  • Maintien de la biodiversité
  • Diminution de l’impact environnemental (réduction carbone, zéro traitement, fertilisation naturelle, zéro déchet, zéro bruit, etc.)
  • Substitution / complémaentarité à l’entretien mécanique
  • Entretien des zones difficiles d’accès (zone humide, broussaille, sous-bois, milieu pentu, etc.)
  • Création d’un site agréable pour les promeneurs et autres usagers, notamment pour les enfants : admiration d’animaux au look atypique, environnement agréable et animé !
  • Lieu d’échanges et de découvertes / Lien social
  • Participation à la conservation et à la promotion des races anciennes et peu communes
  • Atout de communication
  • Et même des gains financiers en fonctionnement selon les méthodes employées

 

Une race locale de moutons, les avranchins, aujourd’hui en voie de disparition, est présente dans la vallée du Rimon une partie de l’année pour la tonte, et pour favoriser le développement de la biodiversité.

 

L’éco-pastoralisme en deux mots

 

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L’éco-pastoralisme est une solution alternative de gestion écologique des milieux par des herbivores.

Pratiqué par nos ancêtres et plus fréquemment dans les zones naturelles et montagneuses, cette technique a été mise de côté au profit de l’entretien mécanique et chimique.

Mais l’éco-pastoralisme fait un retour en force, bénéficiant de la prise conscience générale de réduction de ses impacts environnementaux et de conservation de la biodiversité

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Le but principal de l’éco-pâturage n’est pas la rentabilité économique mais le maintien ou la restauration du milieu tout en limitant les coûts de gestion.

Des espèces rustiques, issues des races locales, anciennes ou non autochtones, sont utilisées. Elles s’adaptent toutes facilement aux milieux et sont naturellement résistantes aux maladies. Les animaux doivent notamment être capables de consommer suffisamment de fourrages grossiers disponibles pendant l’hivernage, de profiter des périodes d’abondance du printemps et de tirer parti de pâturages estivaux amoindris et souvent peu accessibles. Ainsi, l’éco-pastoralisme remet au goût du jour des races domestiques abandonnées.

 

Selon le milieu choisi et les objectif

Des bovins : Nantaise, Bretonne pie noir, Maraichine, Highland Cattle, Belted Galloways, etc.s envisagés, de multiples espèces et races rustiques sont utilisées :

  • Des équins : Konik Polski, Poney Fjord, Baudet du Poitou, etc.
  • Des ovins et caprins : Mouton d’Ouessant, Lande de Bretagne, Solognot, Chèvre des Fossés, Chèvre Poitevine, etc.
  • Ou encore des Lamas, des Alpagas, des Oies, des Cochons…

LES AVANTAGES DE CE MODE D’ENTRETIEN DES ESPACES VERTS :

ECOLOGIQUE – ATTRACTIF – PROMOTION DES RACES

  • Maintien de la biodiversitéIMG_1147
  • Diminution de l’impact environnemental (réduction carbone, zéro traitement, fertilisation naturelle, zéro déchet, zéro bruit, etc.)
  • Substitution / complémentarité à l’entretien mécanique
  • Entretien des zones difficiles d’accès (zone humide, broussaille, sous-bois, milieu pentu, etc.)
  • Création d’un site agréable pour les promeneurs et autres usagers, notamment pour les enfants : admiration d’animaux au look atypique, environnement agréable et animé !
  • Lieu d’échanges et de découvertes / Lien social
  • Participation à la conservation et à la promotion des races anciennes et peu communes
  • Atout de communication
  • Et même des gains financiers en fonctionnement selon les méthodes employées

 

 

 

 

Gestion écologique par le pâturage

 

Panneau la vallée

 

La finalité de ces élevages n’est pas économique pas plus que ne l’est la restauration d’un monument historique. Elle est écologique c’est-à-dire que l’herbivore représente un outil de gestion destiné à faire exprimer par un terroir le maximum de ses potentialités en terme de patrimoine naturel (biodiversité et fonctionnalité des écosystèmes).

En effet, quand il est bien conduit, c’est le seul outil de gestion capable à la fois de vivre de l’écosystème et de le faire vivre à son plus fort niveau de biodiversité.A côté de systèmes exogènes de gestion mécanique (fauche, gyrobroyage…), l’herbivore constitue lui un élément de gestion interne de l’écosystème et inhérent aux cycles biogéochimiques.

 

  1. L’herbivore, pivot d’une gestion intégratrice :

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Les gestionnaires de sites naturels ont d’abord des objectifs écologiques. Ils peuvent ainsi envisager la conduite des troupeaux d’une manière différente (par rapport aux agriculteurs) avec moins d’intrants et peuvent se rapprocher ainsi d’un mode de gestion plus proche des écosystèmes naturels quand, avant la domestication, pâturaient encore les herbivores sauvages.

 

Le devoir d’innover :

Chaque gestionnaire étant placé dans une situation différente, il doit trouver chaque fois le bon compromis en matière de nombre d’espèces d’animaux, de races, de détermination du chargement et de choix de leur conduite et ceci en dehors des situations normalisées.

 

  1. Des herbivores pour sauver des fleurs :

« C’est dans ces campagnes fleuries qu’on voit mille troupeaux errants ». Cette citation de Jean Racine est apposée dans le Parc Naturel Regional de la Haute Valée de Chevreuse. Il attire déjà notre attention sur les relations entre les fleurs et l’herbivore errant, terme qui aujourd’hui évoque une certaine extensification.

L’existence des fleurs dans un espace ouvert est liée à un équilibre subtil entre les plantes florifères et les autres. Que cet équilibre soit rompu et les fleurs se raréfient et disparaissent.

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Le facteur le plus important qui conditionne cet équilibre est la pression de pâturage exercée sur le milieu :

–          plus la pression est forte moins les plantes à fleurs vont résister au contraire des graminées

–          si la pression diminue puis disparaît, on a une 1ere phase d’enfrichement avec apparition de beaucoup d’espèce, élevant temporairement le degré de biodiversité, on a en 2ème phase avec apparition de plantes plus hautes qui vont étouffer les plantes basses et encore une fois faire disparaître les fleurs.

 

Le pâturage extensif avec peu d’animaux présents toute l’année sur l’espace est une bonne façon de permettre d’optimiser le potentiel florigène d’un biotope.

En dehors de l’intérêt pour la conservation des plantes, il y a un intérêt zoologique lié aux centaines d’espèces d’insectes et arachnides floricoles. De plus l’action pollinisatrice de ces insectes favorise le brassage génétique entre les végétaux et assure la production d’un surplus de graines que de nombreux granivores (oiseaux, mammifères, insectes) sauront à leur tour exploiter.

 

  1. Limitons les intrants

Pour un élevage destiné à la gestion des milieux naturels, ces intrants peuvent induire des effets secondaires préjudiciables aux milieux naturels. Il faut donc apprécier ces impacts et peut être choisir des races qui, étant plus proche du type sauvage car moins sélectionnées, pourront se passer d’intrants partiellement voire totalement comme certaines expériences de réserves naturelles le démontrent avec une 10 aine d’années de recul.

DSCN0011Les intrants vont modifier profondément l’écosystème (modification de pH, apport d’azote…), ce qui n’est guère de mise dans le cadre d’une gestion d’un espace naturel. Il peut également y avoir des effets des traitements des animaux : certains anti-parasitaires peuvent avoir une incidence sur les vers de terre qui servent eux-mêmes de nourriture aux oiseaux, amphibiens etc… De même l’apport systématique de nourriture parfois lié à la mise à disposition d’un abri entraîne des effets pervers : surpiétinement et défoncement du sol aux endroits de distribution, confinement propice aux départs de maladies, désaffection des animaux pour les « refus » (ligneux, épineux…) qu’ils n’ont pas voulu consommer pendant la belle saison. Le pâturage devient alors très sélectif, ce qui conduit le gestionnaire à intervenir mécaniquement en complément.

Cette pratique entraîne le double surcoût de la complémentation alimentaire et des travaux agricoles. C’est pourquoi, dans la mesure du possible, il est préférable de choisir une race très rustique (moins de problèmes d’appétence ou de sensibilité parasitaire et capacité à reconstituer chaque année des réserves corporelles) avec une charge (en terme de nombre d’animaux) permettant aux animaux de se nourrir seuls sur le site tout au long de l’année.

 

  1. Quand les herbivores jouent aux dominos :

Dans les écosystemes, certaines especes ne font vraiment pas que de la figuration. En effet, certaines espèces sont capables de modeler un paysage, une biocénose voire un biotope. (definir biocénose, biotope)

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Aussi, d’autres espèces, moins « structurantes », sont elles tributaires de ces « aménageurs » de l’espace naturel.

Qu’elles viennent à disparaître et disparaissent à leur tour des dizaines d’espèces tributaires de ces vedettes de la scène naturelle. C’est ce qu’on appelle l’effet domino.

Prenons l’exemple de la bécasse des bois qui, comme plus de 200 espèces de vertébrés, est tributaire peu ou prou de la présence des vers de terre prairiaux pour se nourrir. Or la présence de ces vers de terre est largement conditionnée par celle des herbivores.

 

Par sa seule présence, une espèce herbivore peut modifier la flore qui, en fonction de sa composition, favorise telle ou telle faune. C’est pourquoi le grand herbivore, qu’il soit sauvage ou domestique est si important pour les écosystèmes de nos latitudes.

 

  1. Quand l’herbivore ne mange plus d’herbe :

La notion d’herbivore est une notion relevant davantage de l’agronomie que de l’écologie ! En effet, si la plupart de nos herbivores domestiques sélectionnés sont dépendants de l’herbe verte ou conservée par le foin ou l’ensilage, il n’en a pas toujours été ainsi.

Il faut se rappeler qu’avant l’invention du foin, les bovins et les chevaux devaient quand même se nourrir en période hivernale quand l’herbe ne pousse plus et que la réserve sur pied est gelée ou a été tondue dès la fin de l’automne.

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En fait, les herbivores sont des phytophages généralistes capables d’ingérer des centaines d’espèces de plantes, jusqu’au varech échoué sur les côtes ! On comprend alors mieux le rôle des grands herbivores sauvages sur la dynamique de la végétation en général, et sur les strates ligneuses en particulier.

En effet, de l’automne au printemps, l’herbivore non affouragé, quelque peu tenaillé par la faim, est capable du pire pour les ligneux. Il va consommer les semences de certains (glands, chataignes…) ce qui compromet alors les chances de propagation des fruits des essences de bois durs.

En outre, l’herbivore va abroutir tout ce qu’il peut atteindre, compliquant ainsi la régénération par jeunes plants ou par recépage. (def)

Enfin, l’herbivore est capable d’écorcer de nombreuses essences tant que l’écorce n’est pas trop épaisse.

Cela explique pourquoi les paysages préhistoriques n’étaient pas des milieux de couverts denses  mais des milieux largement clairiérés, riches d’espèces héliophiles. (def)

 

  1. L’herbivore rustique : une histoire à coucher dehors !

La vision d’animaux domestiques restant dehors toute l’année quelque soit le temps peut émouvoir facilement.

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Pourtant, un herbivore est un animal qui se protège au moins de 2 façons des intempéries. D’abord, il y a constitution de réserves de graisses dont une partie précisément appelée « gras de couverture » est localisée sous le cuir et crée une protection certaine contre le froid. Ensuite un pelage d’hiver particulier se développe chez l’animal de plein air intégral créant ainsi un matelas d’air emprisonné isolant intégralement l’animal des intempéries. Il suffit de voir des animaux sous la neige : celle-ci ne fond pas du fait de la bonne isolation de l’animal qui ne perd que peu de chaleur.

Par ailleurs, le régime alimentaire de l’herbivore entraîne par la digestion, des fermentations, sources de chaleur.

Ainsi, dès que l’on a affaire à des animaux de races rustiques maintenus dans la niche écologique de l’espèce et disposant d’abris naturels (mouvements de terrains, arbres), il n’est pas choquant (et on peut même le conseiller) de les laisser passer l’hiver dehors.

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Dans le même registre il est normal que l’animal fasse « l’accordéon » au niveau de leur masse corporelle : ils prennent de la masse avant l’hiver et vont perdre du poids pendant la saison difficile. Cette situation est normale tant que l’animal reprend du poids à la belle saison et, si l’animal n’est pas amaigri à l’automne, auquel cas il risquerait de ne pas passer la mauvaise saison.

 

  1. L’herbivore, source de biodiversité

L’herbivore ne se déplace pas seul : il entraîne dans son sillage tout un cortège d’espèces : parasites (internes ou externes), coprophages et coprophiles de toutes espèces, nécrophages de tout genres (quand du moins on a la possibilité de laisser de temps à autre un cadavre sur place), sans oublier les prédateurs.

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Si pour un éleveur, les parasites peuvent représenter un handicap, ces êtres vivants participent bel et bien à la biodiversité et à l’homéostasie générale. Il faut d’ailleurs minorer leur impact réel dès lors que l’on est dans un système extensif, que l’on utilise des races rustiques et que l’on ne poursuit pas un objectif de rentabilité. Ces parasites peuvent, à leur tour intégrer les chaînes alimentaires au bénéfice des oiseaux (moustiques attrapés par les passereaux, ascaris consommé

Concernant les coprophages (qui recyclent bouses et crottins) : il y à ceux du sous sol (vers de terre qui recyclent jusqu’à 2 tonnes à l’hectare en prairie pâturée) et les nombreux insectes (diptères et coléoptères).s par les bécassines quand expulsés dans le crotin…).

Il faut également rappeler qu’il existe des dizaines d’espèces de champignons fimicoles ainsi que quelques mousses devenues très rares.

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On peut trouver également des espèces nécrophages, que ce soit les strictes (comme les vautours, le gypaette, certains insectes….) ou les occasionnels (comme le renard, sanglier…) si l’on a l’occasion de laisser des cadavres sur place.

 

Mais l’herbivore a également une action plus indirecte (mais très réelle) sur la biodiversité. En extensif, l’herbivore élève la richesse spécifique botanique (avec tout le

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cortège d’insectes inféodés à ces plantes soit une moyenne d’une vingtaine d’espèces par végétal !) et par la physionomie très hétérogène qu’il imprime aux milieux naturels. Il crée des mosaïques d’habitats nécessaires à beaucoup d’espèces animales requérant différentes facettes pour boucler leur cycle biologique.

Ainsi, on peut considérer qu’in fine, la réintroduction d’un grand herbivore dans un écosystème est susceptible d’augmenter la biodiversité de plusieurs centaines d’espèces.

Ce n’est absolument pas le cas avec des systèmes de gestion mécanisée comme la fauche, le gyrobroyage.

 

 

  1. Gestion mécanique : limitons les génocides biologiques !

Pour un gestionnaire d’espace naturel, la maîtrise des successions végétales par des troupeaux peut être perçue comme une astreinte trop forte (clôtures, surveillance, gestion des effectifs…)

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L’utilisation des outils mécaniques (fauchage, gyrobroyage…) peut alors être tentante. Mais ces actions constituent souvent de véritables « génocides biologiques » en particulier pour la petite faune très sensible à une exposition très soudaine et violente au soleil ou aux prédateurs ou encore celle sensible à l’écrasement par les roues et chenillettes. Très souvent, ces actions constituent en fait un traitement des symptômes et non des causes de l’enfrichement. Il faut donc réitérer chaque année ou presque ces actions dont le coût financier sera rarement amorti.

Contrairement à ce qui est parfois écrit ou dit, i n’existe pas d’espèces strictement inféodées aux prairies de fauche : cette pratique est somme toute assez récente à l’échelle de la spéciation et toutes les espèces que l’on peut trouver dans une prairie de fauche ont forcément un milieu naturel d’origine que le gestionnaire doit peut-être s’efforcer de retrouver et, le cas échéant, développer.

Les groupements d’espèces des prairies de fauche constituent donc un assemblage anthropique d’espèces comme celui d’une pelouse « d’espaces verts » ou d’une culture.

Bien sûr il existe des cas ou des circonstances spécifiques où la gestion mécanique est incontournable (superficie limitante, objectif très ciblé sur des espèces particulièrement vulnérables) mais ces modes de gestion ne peuvent constituer par rapport à la vache… qu’un pis aller !!!

 

 

 

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