Map
Retour à la liste

Le carrefour : rues Saulnerie, Rouairie, et Sainte Barbe

L’histoire du site

Ces trois rues sont des témoins du passé de Châteaugiron, qu’elles rappellent à travers leurs noms évocateurs.

Un carrefour riche d’histoire

La rue Saulnerie

Cette rue doit son nom au lieu où les sauniers (ou saulniers) extrayaient le sel de l’eau de mer, par évaporation naturelle dans des marais salants, ou à l’aide du feu, dans des  fours à sel. Elle peut également évoquer le lieu où le sel était vendu, endroit qui a pu vraisemblablement exister à Châteaugiron. Au Moyen-Age, le sel était l’élément le plus important du commerce et les bretons avaient le privilège d’être exemptés de l’impôt sur le sel, la gabelle. Ce privilège dura même après le rattachement de la Bretagne au Royaume de France.

La rue Sainte Barbe

Statue de Sainte-Barbe Crédits Office de tourisme du Pays de Châteaugiron

Statue de Sainte-Barbe Crédit Office de tourisme du Pays de Châteaugiron

La rue Sainte Barbe porte le nom d’une statue représentant la Sainte en question, appelée aussi Sainte Barbara, est la patronne et protectrice des corporations liées au feu : les pompiers, les artificiers, les canonniers, les foreurs etc. Les propriétaires de la maison, suite à un incendie, y ont installé la statue de la sainte afin qu’elle les protège. La sculpture en bois représente Sainte Barbe avec ses attributs traditionnels : la couronne, la palme du martyr et un calice.

La rue Rouairie

Le nom Rouairie vient du verbe rouir («pourrir » en vieux français). Il s’agit de la pratique du rouissage (sans doute pratiqué dans cette rue) qui est une des étapes du traitement du chanvre et du lin. C’est en fait l’action d’éliminer par immersion dans l’eau certaines matières de ces plantes afin d’en extraire les fibres nécessaires à la fabrication des toiles.  Le nom de cette rue rappelle l’important passé toilier de Châteaugiron où se fabriquaient et se vendaient jusqu’au 19è siècle les toiles appelées Noyales.

Le saviez-vous ?

 Le commerce des Noyales

Du 16ème siècle au 19ème siècle, le commerce des Noyales, toiles à voiles en chanvre ou en lin, était l’une des principales activités de la commune de Châteaugiron, comme dans la plupart des Petites Cités de Caractère de Bretagne (Quintin, Locronan, Saint-Pol-de-Léon, Guingamp…).

 Un commerce florissant

Après une période moins  faste durant le dernier tiers du 17ème siècle, on assiste à un regain d’activité à partir de la Révolution Française. Ce sont alors les communes de Châteaugiron et de Janzé qui fournissent à la Marine le plus gros contingent de toiles d’Ille et Vilaine. En 1800, on compte 56 tisserands à Châteaugiron possédant chacun un métier à tisser. Le textile enrichit considérablement la ville. L’industrie du lin et du chanvre est si florissante qu’en 1824 un gros industriel rennais décide d’ouvrir une importante manufacture, la manufacture Desbouillons, dans les bâtiments de l’actuel ensemble scolaire Sainte-Croix. Elle compte 76 métiers à tisser et 200 ouvriers en 1830.

La fin des Noyales

Cependant au milieu du 19ème  siècle, l’industrialisation et de la mécanisation sonnent la fin de cette industrie rurale qui  reste à l’écart du progrès technique. De plus, la Marine, principal débouché, accorde désormais sa préférence à des toiles de chanvre tissées mécaniquement. Enfin l’apparition de navires à vapeur conduit peu à peu à l’abandon des toiles à voiles. La manufacture ferme ses portes en 1853. A l’aube du 20ème siècle, on ne trouve plus un seul métier à tisser sur la commune.

Map Aller là-bas